Jeudi 19 novembre 2020 à 08h42

Jour 21.
Ce n'est pas facile de se faire entendre quand on n'a rien à vendre! Oh non, pas facile du tout!
A tout instant on nous parle des petits commerçants qui ne peuvent pas rouvrir alors que le bon peuple veut acheter, acheter encore, acheter toujours. S'en foutre plein la gueule puisqu'on approche de Noël ! Acheter, vendre, acheter en ligne ou en click and collect, profiter des bonnes affaires du Black Friday ( font chier les Américains, US go home!), mais acheter une dernière fois parce que c'est le but de la vie. Enfin il semblerait que ce le soit.
L'ours et moi, nous n'avons pas de porte parole, personne ne parle de ce qui nous fait du mal, jour après jour, irrémédiablement : la scélérate exigence de rester dans un cercle de 1 km de rayon autour de chez nous! On ne dépasse pas, sinon punition de 135€. Ça en fait des courses ça! On ne pourra plus acheter!
Dans quel autre pays d'Europe qu'en Absurdistan les citoyens, coupables de rien , masqués, distanciés, gelhydroalcoolisés sont ils assignés à vivre dans un cercle mortifère sous peine de sanction policière et financière? On nous prend pour des gamins ou quoi?
La clause du 1 km ne semble gêner personne! Etonnant non? Qui sera notre porte parole? L'ours et moi nous voulons être entendus! Le feu de la révolte est sous la marmite, ça va bouillir, ça va bouillir! Assez de contraintes qui ne correspondent à rien sur le plan sanitaire! Nous sommes 200 dans mon immeuble et je ne compte pas l'ours, si nous descendons tous dans le jardin nous pouvons créer un foyer d'infection,si nous le voulons. Si nous partons à pieds ou à vélo, là où nous le voulons, le long de la Loire c'est bien pratique, sans rencontrer que des canards ou des cyclistes masqués qui nous croiseront, sommes nous des semeurs de virus?
Foutez nous la paix! Torchons nous avec les putains d'attestations, laissez nous vivre, aller et venir, respirer!
La liberté ne s'achète pas, ni en ligne, ni en click and collect, elle se défend car elle est menacée.
Ce que vous nous faites endurer là, « messieurs qu'on nomme grands » comme disait Boris Vian, ce que vous imposez avec cruauté, en écoutant davantage ceux qui préfèrent le verbe avoir au verbe être, nous ne l'oublierons pas! En 2022, au printemps, si nous ne sommes pas morts avant, nous l'aurons le bout de papier dans la poche, ce sera la carte d'électeur! L'ours a de la mémoire. Pour l'instant il surveille la marmite.
Bisous