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Vendredi 24 avril 2020 à 06h10

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Prendre un peu de recul pour essayer de comprendre ! « Le déconfinement ne se fera pas par régions mais il pourra prendre en compte les spécificités des territoires ». On en est là. On se pose, on réfléchit, on se concentre. Avec l'ours on s'est assis, face à face, respectant la distanciation sociale, pour le cas où il oublierait d'éternuer dans son coude. Chez l'ours le coude est une notion un peu floue mais on pourra prendre en compte les spécificités anatomiques des plantigrades, au cas où. Les spécificités des territoires. Je rêve ! Depuis 40 ans on a massacré l'enseignement de la géographie qu'on a transformé en pôles, flux et zones d'impulsion économique. On a rajouté des litanies sur le développement durable, sur la rurbanisation et sur les périphéries délaissées. On a juste oublié la poésie des cartes, la magie de la lecture des paysages. Et on a opposé les métropoles aux « territoires ». Parce que les crânes d'oeufs ,qui nous ont conduits là où nous sommes ( joli fleuve de Picardie) , ont nommé territoires tout ce qui n'est pas métropoles. « Les territoires » ! On a un problème avec « les territoires », on assiste à une déprise de la dynamique économique et à un recul des services publics dans les « territoires » ! Quelle condescendance, quel vide abyssal de sens! Vous savez de quoi on va tous crever? On va crever de la perte du sens des mots! « Am Anfang war das Wort ». Au début était le mot. Depuis 1940, chez moi, on lit la Bible en allemand. On sait jamais....Le mot, le mot juste, le mot qui fait consensus, le mot beau ou le mot laid ( ça nous fait une belle jambe!). Encore une fois je repense à cette pensée de Camus « Mal nommer les choses, c'est encore ajouter à la misère du monde ». Il en est du mot territoire comme du mot « quartier ». Le problème des « quartiers » ! Une ville c'est un ensemble de quartiers. « C'est un peu court jeune homme » comme aurait dit Cyrano. « Si c'est flou, c'est qu'il y a un loup » a dit Martine Aubry, l'inoxydable maire de Lille. Désolé Manu, mais les éléments de langage que tu imposes à tes disciples serviles sont flous.( Au fait, pendant que j'y pense, ton costard gris, hier, à la sortie du Conseil Européen, pas terrible. Je sais qu'on est confiné mais bon....et puis tu avais un gros problème pour avaler ta salive, on était pas loin du rototo...refais jamais ça!). T'en penses quoi , toi l'ours, de la spécificités des territoires? Peut être que tu t'en fous ? Peut être que tu voudrais qu'enfin on te parle simplement. C'est pas facile de faire simple, ça demande sans doute du génie et je reviens vers Albert Camus. 4 mots de Camus, les 4 premiers mots de « l'Etranger ». « Aujourd'hui maman est morte. » Rien à ajouter. Juste entendre le silence assourdissant qui suit le point final de cette phrase. L'indicible solitude de celui qui reste. Tragique actualité, banale réalité. J'ai laissé l'ours perdu dans ses pensées. Il y a des jours comme ça où il marque « son territoire ».