Mardi 17 novembre 2020 à 08h58

Jour 19. « Ça a débuté comme ça ». C'est la première phrase du « Voyage au bout de la nuit ». Rien qu'en lisant ça on voit bien qu'on est pas prêt à en voir le bout de la nuit ou du bouquin. C'est écrit très petit! Et il y a 632 pages. Ça finit par « et qu'on n'en parle plus. » Entre les deux phrases il y a des milliers de mots. ... Ce matin , l'ours et moi, nous sommes gênés par les machines qui soufflent sur les feuilles mortes pour en faire des tas sur les trottoirs. Le gars qui tient la souffleuse ou soufflette porte un casque pour éviter de faire du mal à ses oreilles. Ça dure des plombes cette connerie car le vent disperse les tas. Il doit les compter les feuilles le mec! « Les feuilles mortes se ramassent à la pelle ». Faut sortir de chez toi Prévert! Quand les tas seront plus ou moins stabilisés viendra la grosse machine qui aspire les feuilles, aussi bruyante mais plus efficace. Ce matin je hais les arbres. Avec l'ours nous avons sérieusement pensé à nous retirer du monde, dans un monastère de stricte observance, du genre de la Grande Chartreuse. Mais ce n'est pas possible, paraît qu'ils n'acceptent pas les couples, surtout homme-ours en peluche. Et puis nous on ne croit pas en Dieu et on n'aime pas la liqueur aux herbes. Donc, comme Guynemer en 1914, nous « faisons face » à l'adversité! Pour parler net, je n'en peux plus du rayon de 1km qui limite mon espace de liberté. On nous parle de la réouverture prochaine et souhaitable des petits commerces, de la messe, des repas de Noël ( Noël on nous en parle !)....mais personne ne semble se battre pour élargir nos espaces de déplacement. Je ne veux plus de ce rayon d'1 km ! Laissez nous respirer! Assez, assez, assez! Quand il s'agit d'emmerder le monde , notre technocratie fait preuve d'une imagination sadique sans bornes. Laissez nous aller et venir sans entraves stupides! Et comme écrivait Céline « qu'on n'en parle plus!!! ».